À retenir
- La TPI, ou IR sur les profits fonciers, porte en principe sur le profit net : prix de cession moins coût d’acquisition réévalué et dépenses admissibles.
- Le taux nominal applicable est de 20 % du profit net, avec une cotisation minimale de 3 % du prix de cession dans certaines situations.
- Les frais, travaux, intérêts et exonérations ne sont retenus que sous conditions et avec des justificatifs suffisants.
- Les taux, coefficients, seuils et démarches doivent être vérifiés pour l’année fiscale concernée auprès de la DGI, d’un notaire ou d’un conseiller fiscal.
Au Maroc, la TPI — aussi appelée taxe sur le profit immobilier ou IR sur les profits fonciers — est calculée en principe sur le profit net réalisé lors de la vente d’un bien immobilier. La formule part du prix de cession, auquel on soustrait le coût d’acquisition réévalué et les dépenses admissibles, justifiées et fiscalement retenues.
Le taux nominal applicable est de 20 % du profit net. Une cotisation minimale de 3 % du prix de cession peut également s’appliquer dans certaines situations. Le montant définitif dépend de l’année fiscale, de la nature et de l’usage du bien, du coefficient applicable, des justificatifs et des éventuelles exonérations.
Qu’est-ce que la TPI au Maroc et qui doit la payer ?
La taxe sur la plus-value immobilière concerne la vente d’un appartement, d’une villa, d’un terrain ou de tout autre bien immobilier situé au Maroc. Les appellations suivantes sont utilisées :. Pour les règles propres aux terrains, consultez notre guide sur la fiscalité de la vente d’un terrain au Maroc.
- TPI ou taxe sur le profit immobilier ;
- taxe sur le profit foncier ;
- IR/PF, c’est-à-dire impôt sur le revenu au titre des profits fonciers.
Il s’agit d’un impôt lié au profit réalisé lors de la cession, et non d’une taxe immobilière annuelle. Il peut concerner les personnes physiques et morales qui vendent un bien situé au Maroc. Les MRE et les propriétaires non-résidents peuvent donc être concernés, mais leur situation doit être examinée séparément. Les propriétaires étrangers peuvent approfondir ce sujet dans notre guide sur la fiscalité immobilière des étrangers au Maroc.
Comment calculer la plus-value immobilière imposable ?
Le calcul distingue le prix de vente, le coût fiscal d’acquisition et le profit net. La formule de principe est la suivante :. Pour obtenir une première estimation, utilisez notre calculateur de plus-value immobilière.
Profit net imposable = prix de cession – coût d’acquisition fiscal
Le coût d’acquisition fiscal peut comprendre :
Coût d’acquisition fiscal = base d’acquisition réévaluée + dépenses admissibles retenues
Lorsque le forfait applicable est retenu, la base d’acquisition comprend le prix d’achat augmenté du forfait prévu, avant l’application du coefficient de réévaluation. Les frais réels admissibles peuvent être traités selon les règles applicables à l’année concernée.
Le calcul se déroule donc en trois étapes :
- déterminer le prix de cession retenu pour la vente ;
- déterminer la base d’acquisition, appliquer le coefficient correspondant à l’année d’achat, puis ajouter les frais et dépenses fiscalement admissibles qui doivent être ajoutés séparément ;
- comparer le prix de cession au coût ainsi obtenu pour déterminer le profit net imposable.
| Élément | Rôle dans le calcul | Pièces à conserver |
|---|---|---|
| Prix de cession | Montant retenu pour la vente | Compromis, acte et documents de cession |
| Prix d’acquisition | Montant payé lors de l’achat | Acte d’acquisition et justificatifs de paiement |
| Coefficient de réévaluation | Actualise le coût d’acquisition selon l’année concernée | Tableau officiel applicable |
| Frais et travaux | Peuvent augmenter le coût fiscal s’ils sont admissibles | Factures, contrats et preuves de paiement |
| Profit net imposable | Base de l’impôt théorique | Calcul détaillé et dossier complet |
La taxe n’est donc pas calculée automatiquement sur la totalité du prix de vente. Elle porte en principe sur le gain net fiscalement retenu.
Quels frais et travaux peuvent être pris en compte ?
Forfait de 10 % ou frais réels
Lorsque cette règle est applicable, le forfait correspond à 10 % du prix d’acquisition. Il est intégré à la base d’acquisition avant l’application du coefficient de réévaluation. Des frais réels supérieurs peuvent parfois être pris en compte lorsqu’ils sont fiscalement admissibles et correctement justifiés. Le choix et les modalités doivent être vérifiés pour l’année fiscale concernée.
Intérêts et dépenses de travaux
Peuvent notamment être pris en compte sous conditions :
- les intérêts liés au financement du bien ;
- les dépenses d’entretien et de réparation ;
- les travaux d’amélioration ou d’agrandissement ;
- certaines dépenses de viabilisation.
Une dépense engagée n’est pas automatiquement déductible. Sa nature, son lien avec le bien, sa date et la qualité des justificatifs doivent être examinés. Les factures, contrats, autorisations et preuves de paiement sont donc essentiels. Si les travaux concernent un immeuble en copropriété, consultez aussi notre guide sur les travaux en copropriété au Maroc.
Quel taux appliquer : 20 % ou cotisation minimale de 3 % ?
Le taux nominal de 20 %
Le taux général applicable est de 20 % du profit net immobilier. Il sert à calculer l’impôt théorique une fois la plus-value imposable déterminée :. La TPI doit par ailleurs être distinguée des droits d’enregistrement immobilier au Maroc, qui correspondent à une autre imposition liée à la transaction.
Impôt théorique = profit net imposable × 20 %
La cotisation minimale de 3 %
Une cotisation minimale de 3 % du prix de cession peut également s’appliquer, notamment lorsque le profit calculé est faible. Elle repose donc sur une base différente de l’impôt théorique.
| Calcul | Base | Vérification nécessaire |
|---|---|---|
| Impôt théorique | Profit net imposable | Taux nominal de 20 % applicable |
| Cotisation minimale | Prix de cession | 3 % selon les règles applicables |
| Montant finalement dû | Régime applicable au dossier | Comparaison selon la loi de finances en vigueur |
Il ne faut pas additionner mécaniquement les deux montants. La méthode de comparaison et les éventuelles exceptions doivent être confirmées selon l’année fiscale et la situation du vendeur.
Le cas de certains terrains non bâtis
Un taux pouvant atteindre 30 % peut s’appliquer à la première vente de certains terrains non bâtis situés en zone urbaine. Ce taux particulier ne constitue pas la règle générale de la TPI. La qualification du terrain, la nature de la vente et le texte applicable doivent être vérifiés avant tout calcul.
Exemples de calcul en dirhams marocains
Les simulations suivantes sont illustratives. Les frais et coefficients retenus ne doivent pas être généralisés à une autre année ou à un autre dossier. Dans les deux exemples, le forfait de 10 % est intégré au prix d’acquisition avant l’application du coefficient.
Exemple 1 : achat à 1 000 000 MAD et revente à 1 800 000 MAD
En retenant, à titre d’illustration, 10 % du prix d’acquisition et un coefficient de 1,205 :
- prix d’achat : 1 000 000 MAD ;
- forfait de 10 % du prix d’achat : 100 000 MAD ;
- base avant coefficient : 1 100 000 MAD ;
- coût ajusté illustratif : 1 100 000 × 1,205 = 1 325 500 MAD ;
- prix de revente : 1 800 000 MAD ;
- profit illustratif : 1 800 000 – 1 325 500 = 474 500 MAD ;
- impôt théorique à 20 % : 94 900 MAD ;
- cotisation minimale indicative à 3 % du prix de cession : 54 000 MAD.
Dans cette hypothèse, l’impôt théorique est supérieur au minimum indicatif. Le résultat réel dépendrait notamment du coefficient officiel, des frais retenus et de l’existence éventuelle d’une exonération.
Exemple 2 : achat à 700 000 MAD et revente à 1 000 000 MAD
Avec un forfait de 10 % du prix d’achat et un coefficient de 1,192 :
- prix d’achat : 700 000 MAD ;
- forfait de 10 % du prix d’achat : 70 000 MAD ;
- base avant coefficient : 770 000 MAD ;
- coût ajusté illustratif : 770 000 × 1,192 = 917 840 MAD ;
- prix de revente : 1 000 000 MAD ;
- profit selon cette méthode : 1 000 000 – 917 840 = 82 160 MAD ;
- impôt théorique à 20 % : 16 432 MAD ;
- cotisation minimale indicative à 3 % du prix de cession : 30 000 MAD.
Cet exemple montre une situation dans laquelle le minimum indicatif est supérieur à l’impôt théorique. La règle applicable et la comparaison des montants doivent être confirmées dans le dossier réel.
En cas de faible ou d’absence de plus-value
Lorsque le prix de cession est proche du coût d’acquisition ajusté, le profit net peut être faible ou nul. Il faut alors distinguer le calcul de la plus-value de la cotisation minimale éventuellement applicable. Un résultat nul ou très faible ne suffit donc pas à conclure à l’absence de montant dû.
Quel rôle joue le coefficient de réévaluation ?
Le coefficient de réévaluation ou d’actualisation ajuste le prix d’acquisition en fonction de l’année d’achat. Il peut modifier sensiblement le profit retenu pour le calcul.
- Identifiez l’année exacte d’acquisition.
- Consultez le tableau officiel correspondant.
- Appliquez le coefficient à la base d’acquisition selon la méthode prévue.
- Ajoutez uniquement les frais et dépenses fiscalement admissibles qui doivent être ajoutés séparément.
- Conservez la référence du coefficient utilisé.
Les coefficients de 1,205 et 1,192 utilisés dans les exemples sont propres à ces simulations et ne constituent pas des valeurs générales.
Quelles exonérations peuvent s’appliquer ?
Une exonération de TPI n’est jamais automatique. Elle dépend de conditions précises, de la nature de l’opération et des justificatifs disponibles.
| Situation | Portée à retenir | Points à vérifier |
|---|---|---|
| Résidence principale | La vente peut bénéficier d’une exonération sous conditions | Durée d’occupation, usage réel, situation du bien et justificatifs |
| Logement social | Un régime particulier peut s’appliquer dans certains cas | Conditions propres au logement et documents requis |
| Faibles gains | Certains profits faibles peuvent être concernés | Seuil et méthode applicables au moment de la vente |
| Ventes familiales | Certaines cessions entre membres d’une même famille peuvent relever d’un régime particulier | Lien familial, nature de la cession et formalités |
| Donations | Certaines donations, notamment entre ascendants et descendants, peuvent relever d’un régime particulier | Bénéficiaires et conditions fiscales |
| Expropriation | L’expropriation pour utilité publique peut être concernée | Nature de l’opération et pièces administratives |
La résidence principale
La vente d’une résidence principale peut être exonérée lorsque les conditions prévues par le régime applicable sont remplies. La durée d’occupation doit être vérifiée au regard du texte en vigueur et de la situation concrète du logement.
Il faut notamment établir l’usage réel du bien comme résidence principale et réunir les documents demandés. Une résidence secondaire, un bien locatif, un local commercial ou un terrain ne doit pas être assimilé automatiquement à une résidence principale.
Quelles démarches effectuer avant et après la vente ?
1. Distinguer l’avis préalable de la déclaration
Une demande d’avis ou de liquidation préalable peut exister dans certaines procédures, mais elle ne doit pas être confondue avec l’obligation officielle de déclarer et de régler l’impôt. Le compromis de vente ne doit pas être présenté comme le point de départ général d’un délai de 30 jours. Le point de départ, le délai légal applicable, le destinataire et les pièces à fournir doivent être vérifiés pour l’année fiscale et la procédure concernées.
2. Préparer le calcul et les justificatifs
Réunissez l’acte d’acquisition, les documents de cession, les justificatifs de frais, les factures de travaux, les preuves de paiement et les éléments permettant d’établir l’usage du bien ou une éventuelle exonération.
3. Déclarer et régler l’impôt
La déclaration et le paiement s’inscrivent dans le cadre de la cession. Le règlement peut généralement passer par le notaire lors de la vente. Les modalités précises et les délais doivent être vérifiés pour chaque dossier et selon l’année fiscale concernée.
4. Vérifier le quitus fiscal
Le notaire peut participer à la préparation du calcul, à la collecte des pièces et au règlement fiscal lié à la vente. Vérifiez également les conditions d’obtention du quitus fiscal et les documents nécessaires à la finalisation de la transaction.
Un calculateur en ligne peut fournir une première estimation, mais il ne constitue pas un montant officiel définitif.
MRE, non-résidents et sociétés : quelles précautions ?
MRE et propriétaires non-résidents
Un vendeur résidant à l’étranger peut être concerné par les règles fiscales marocaines lorsqu’il cède un bien situé au Maroc. Le lieu de situation du bien est donc central. Le statut de non-résident, une éventuelle convention fiscale et la structure de détention peuvent toutefois modifier l’analyse.
Personnes physiques et sociétés
Le calcul présenté vise principalement à expliquer le mécanisme applicable à une cession immobilière. Il ne doit pas être appliqué mécaniquement à une société, une SCI ou une autre structure. La nature de l’activité, le régime fiscal du vendeur et la comptabilisation du bien peuvent nécessiter une analyse distincte.
Références et vérifications indispensables
Les références utiles pour ce sujet comprennent notamment le Code général des impôts, les articles 61 à 65 et 144, ainsi que la note circulaire n°733. Elles doivent être consultées dans leur version applicable à l’année fiscale de la vente.
Avant de signer, vérifiez :
- l’année fiscale et les taux en vigueur ;
- le prix de cession retenu ;
- le prix d’acquisition et le coefficient de réévaluation ;
- le forfait de frais ou les frais réels admissibles ;
- les intérêts et travaux justifiés ;
- l’éligibilité à une exonération ;
- la comparaison entre l’impôt théorique et la cotisation minimale ;
- la procédure d’avis préalable, de déclaration et de paiement ;
- les documents nécessaires au quitus fiscal.
Les exemples sont indicatifs et ne garantissent aucun montant final. Pour sécuriser le calcul, faites-le valider auprès de la DGI, d’un notaire ou d’un conseiller fiscal marocain.



